Deux drones tri-caméras, deux philosophies. Le Mavic 3 Pro Cine reste l’outil des workflows ProRes ; le Mavic 4 Pro en Combo Créateur apporte un capteur 100 MP, une nacelle qui tourne à 360° et près d’une heure d’autonomie. Voici, spécification par spécification, ce que ce choix change réellement sur un plateau.
100 MP
Capteur Hasselblad du Mavic 4 Pro, contre 20 MP sur le Mavic 3 Pro
51 min
Autonomie annoncée du Mavic 4 Pro, contre 43 min pour le Mavic 3 Pro
ProRes
Exclusivité du Mavic 3 Pro Cine : le Mavic 4 Pro ne l’intègre pas
Le capteur principal : cinq fois plus de pixels, une ouverture plus large
Les deux appareils embarquent un capteur Hasselblad 4/3, mais pas la même génération. Le Mavic 3 Pro sort 20 MP en 24 mm équivalent, avec une ouverture variable f/2.8 à f/11. Le Mavic 4 Pro passe à 100 MP en 28 mm équivalent et ouvre à f/2.0. Concrètement, vous gagnez un diaphragme entier en lumière basse et une marge de recadrage considérable en post-production.
Le changement de focale mérite d’être signalé : on perd le 24 mm au profit d’un 28 mm, soit un champ de 72° contre 84°. Sur un tournage en espace contraint, une médina ou une cour de riad, ce détail se sent. À l’inverse, le 28 mm produit une image moins déformée sur les plans d’architecture.
Côté téléobjectifs, la caméra 70 mm reste identique sur les deux modèles (1/1.3 pouce, 48 MP), mais le long télé fait un bond réel : le Mavic 4 Pro monte à 168 mm sur un capteur 1/1.5 pouce de 50 MP ouvrant à f/2.8, quand le Mavic 3 Pro se contente d’un 1/2 pouce de 12 MP à f/3.4. Pour du suivi de sujet lointain, en rallye ou en sport, l’écart est net.
ProRes contre ALL-I 4:2:2 : le vrai point de bascule
C’est le point que la plupart des comparatifs survolent, et c’est pourtant celui qui décidera pour beaucoup de professionnels. Le Mavic 3 Pro Cine enregistre en Apple ProRes 422 HQ, 422 et 422 LT, 10 bits 4:2:2, avec un débit qui monte à 3772 Mbps sur la caméra Hasselblad. Il embarque pour cela un SSD interne de 1 To et un câble de transfert 10 Gbps.
Le Mavic 4 Pro n’a pas de ProRes, et DJI n’a pas annoncé son arrivée. Il propose à la place du H.264 ALL-I en 10 bits 4:2:2, jusqu’à 1200 Mbps, réservé à la version 512 Go livrée dans le Combo Créateur. L’ALL-I est un encodage intra-image, donc chaque photogramme est complet : le comportement au montage est très proche de celui du ProRes, avec des fichiers plus légers.
En pratique : si votre client, votre chaîne ou votre post-production impose des rushes ProRes en livraison native, le Mavic 3 Pro Cine reste la seule option de la gamme Mavic. Si vous transcodez de toute façon en début de montage, l’ALL-I 4:2:2 du Mavic 4 Pro ne vous coûtera rien en qualité perçue et vous fera gagner beaucoup d’espace disque.
L’Infinity Gimbal : une nouvelle grammaire de plans
C’est la vraie rupture créative du Mavic 4 Pro. Sa nacelle tourne à 360° en roulis et se relève jusqu’à 70° vers le haut, contre 35° seulement sur le Mavic 3 Pro. Cela ouvre trois familles de plans jusqu’ici impossibles sur un Mavic : les contre-plongées franches sur une façade ou un minaret, les plans inclinés à la hollandaise réalisés en vol, et les rotations d’horizon continues en transition.

La radiocommande RC Pro 2 accompagne ce changement avec un écran Mini-LED de 7 pouces qui pivote et se synchronise avec la nacelle pour le format vertical. Pour les productions qui livrent simultanément en 16:9 et en 9:16 pour les réseaux, c’est un gain de temps réel : plus besoin de recadrer un master paysage.
Le suivi de sujet progresse aussi. ActiveTrack 360° tient un sujet partiellement masqué et fonctionne en lumière déclinante, là où le FocusTrack du Mavic 3 Pro décroche. La fonction Subject Focusing, exclusive au Mavic 4 Pro, verrouille le sujet sur les trois caméras : vous changez de focale sans perdre le point.
Autonomie, portée et vol de nuit
51 minutes annoncées contre 43, et 45 minutes de vol stationnaire contre 37 : sur une journée de tournage, cela représente souvent une batterie de moins à gérer. La transmission suit la même progression, avec l’O4+ qui atteint 30 km en norme FCC et 15 km en CE, contre 15 et 8 km pour l’O3+ du Mavic 3 Pro.
Le point le plus sous-estimé concerne la nuit. Le Mavic 4 Pro détecte les obstacles dès 0,1 lux dans toutes les directions et ajoute un LiDAR frontal, avec une portée de détection annoncée jusqu’à 200 m. Le Mavic 3 Pro, lui, a besoin de plus de 15 lux pour que sa vision fonctionne. Pour un événement en soirée, un plan de ville de nuit ou un décollage en zone d’ombre, la différence de sérénité est considérable.
Le prix à payer est physique : 1063 g contre 958 g. Le Mavic 4 Pro est aussi plus encombrant une fois déplié. Rien de rédhibitoire, mais votre valise et vos habitudes de transport vont devoir suivre.
Tableau comparatif complet
| Caractéristique | Mavic 3 Pro Cine | Mavic 4 Pro 512 Go (Combo Créateur) |
|---|---|---|
| Caméra principale | Hasselblad 4/3, 20 MP, 24 mm eq., f/2.8 à f/11 | Hasselblad 4/3, 100 MP, 28 mm eq., f/2.0 à f/11 |
| Téléobjectif moyen | 1/1.3″, 48 MP, 70 mm eq., f/2.8 | 1/1.3″, 48 MP, 70 mm eq., f/2.8 |
| Téléobjectif long | 1/2″, 12 MP, 166 mm eq., f/3.4 | 1/1.5″, 50 MP, 168 mm eq., f/2.8 |
| Vidéo max | 5,1K/50 ips, 4K/120 ips, FHD/200 ips | 6K/60 ips HDR, 4K/120 ips |
| Codecs pro | Apple ProRes 422 HQ / 422 / 422 LT | H.264 ALL-I 10 bits 4:2:2 (pas de ProRes) |
| Débit maximal | 3772 Mbps (ProRes 422 HQ) | 1200 Mbps (ALL-I) |
| Stockage interne | 1 To SSD | 512 Go SSD |
| Profils colorimétriques | Normal, D-Log, D-Log M, HLG | Normal, D-Log, D-Log M, HLG |
| ISO vidéo | 100 à 6400 (800 à 12800 en mode nuit) | 100 à 12800, Dual Native ISO Fusion |
| Nacelle | 3 axes, inclinaison haute 35° | Infinity Gimbal, rotation 360°, inclinaison haute 70° |
| Suivi de sujet | FocusTrack (ActiveTrack, Spotlight, POI) | ActiveTrack 360° + Subject Focusing |
| Autonomie | 43 min (37 min en stationnaire) | 51 min (45 min en stationnaire) |
| Transmission | O3+, 15 km FCC / 8 km CE | O4+, 30 km FCC / 15 km CE |
| Détection d’obstacles | Omnidirectionnelle, lumière supérieure à 15 lux | Omnidirectionnelle dès 0,1 lux + LiDAR frontal |
| Poids | 958 g | 1063 g |
| Radiocommande | DJI RC Pro, écran 5,5″ | DJI RC Pro 2, Mini-LED 7″ rotatif |
Notre recommandation selon votre profil
Production télé, cinéma ou publicité avec livrable ProRes imposé
Restez sur le Mavic 3 Pro Cine. Tant que le cahier des charges exige des rushes ProRes natifs et un SSD de 1 To, aucun autre Mavic ne répond. C’est également le choix pragmatique si votre parc est déjà standardisé sur cet appareil et ses batteries.
Agence, créateur de contenu, communication de marque
Mavic 4 Pro sans hésiter. L’écran rotatif et le format vertical natif, les 100 MP pour les visuels print, l’ALL-I qui allège les disques et les plans inédits de l’Infinity Gimbal alimentent directement votre production quotidienne.
Documentaire, événementiel de nuit, sport et rallye-raid
Mavic 4 Pro également. La détection à 0,1 lux, le LiDAR frontal, ActiveTrack 360° et le télé 168 mm à f/2.8 sur capteur 50 MP transforment la faisabilité de ces tournages, en particulier dans le Sud marocain où les fenêtres de lumière sont courtes.
Vous possédez déjà un Mavic 3 Pro non Cine
Passer au Mavic 4 Pro a plus de sens que de basculer vers un Mavic 3 Pro Cine. Vous gagnez sur tous les tableaux sauf le ProRes, pour un investissement comparable. Et vous conservez un appareil dont la valeur de revente restera soutenue plus longtemps.
Ce que le choix du drone ne changera pas au Maroc
Quel que soit l’appareil retenu, tout tournage aérien au Maroc reste soumis à autorisation préalable, et l’importation d’un drone exige une licence en amont. Ces démarches conditionnent votre calendrier de production bien plus que le choix d’un codec. Nous les prenons en charge de bout en bout : consultez nos pages autorisations de vol et importation de drones au Maroc, ainsi que notre offre complète de prises de vue aériennes.
Questions fréquentes
Le Mavic 4 Pro pourra-t-il filmer en Apple ProRes plus tard ?
Rien ne le laisse penser à ce jour. DJI a orienté le Mavic 4 Pro vers l’ALL-I 4:2:2 et n’a annoncé aucune prise en charge future du ProRes. Il faut donc raisonner sur ce que la machine sait faire aujourd’hui, pas sur une mise à jour hypothétique.
L’ALL-I 4:2:2 est-il vraiment équivalent au ProRes en étalonnage ?
Sur le fond, oui : les deux sont des encodages intra-image en 10 bits 4:2:2, et la latitude d’étalonnage en D-Log est très proche. La différence tient au débit et à la fluidité de lecture sur station de montage. Sur des plans très détaillés et rapides, le ProRes 422 HQ conserve un léger avantage.
Faut-il obligatoirement la version 512 Go du Mavic 4 Pro ?
Pour un usage professionnel, oui. L’enregistrement H.264 ALL-I est réservé à la version 512 Go, celle du Combo Créateur. La version 64 Go reste limitée au H.264 et H.265 classiques, ce qui prive l’appareil de son meilleur codec.
Peut-on mélanger les deux drones sur un même tournage ?
Oui, et c’est même une configuration courante en production. Les deux appareils partagent les profils Normal, D-Log, D-Log M et HLG, ce qui permet d’harmoniser les rushes à l’étalonnage. Prévoyez simplement une charte de couleur commune et un tournage de référence en début de journée.
Parlons de votre tournage avant de parler de matériel
Format de livraison, contraintes de plateau, tournage de nuit, autorisations : dites-nous ce que vous préparez et nous vous conseillons la configuration adaptée, en prestation avec pilote ou à l’achat via notre boutique.
Discuter de votre projet audiovisuel